Sérigraphie

La sérigraphie est une technique utilisée par Andy Warhol pour un très grand nombre de ses œuvres et il paraît donc indispensable de la présenter. Cette page visera alors à expliquer ce qu’est la sérigraphie, on verra ainsi ses origines et sa définition. On essayera de comprendre comment fonctionne le procédé technique et on se demandera quelles significations peut avoir la sérigraphie dans le travail de Warhol.

Le mot sérigraphie se construit à partir du latin sericus qui signifie « soie » et du grec graphein qui signifie « écrire », « dessiner ». Il désigne une technique d’impression qui a été inventée en Extrême-Orient. Au XVIIe siècle, les Japonais employaient ce procédé afin d’imprimer des blasons sur des kimonos. Warhol, quant à lui, commence à mettre en œuvre une méthode utilisant des écrans de sérigraphie obtenus par procédés photomécaniques, à la fin de l’été 1962. Le procédé sérigraphique repose à peu près sur la même méthode que le pochoir : l’écran est un tissu tendu sur un châssis, dont on bouche avec de la colle ou du vernis certaines portions, de sorte que le pigment, étendu à l’aide d’une raclette en caoutchouc, ne traverse les pores que dans les zones correspondant à l’image. Originairement on utilisait un écran de soie pour laisser passer la couleur mais désormais on se sert également d’autres matériaux comme le nylon ou des toiles métalliques et fines. Nous allons voir plus en détail comment fonctionne le procédé.

A. Encre. B. Raclette. C. Image. D. Solution photosensible. E. Ecran. F. Image imprimée. This image was created by Harry Wad. Copyright © Harry Wad, some rights reserved. Source : Wikipedia (http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Silketrykk.svg)

A. Encre. B. Raclette. C. Image. D. Solution photosensible. E. Ecran. F. Image imprimée.
This image was created by Harry Wad. Copyright © Harry Wad, some rights reserved.
Source : Wikipedia

Pour décrire cette technique, je m’appuie sur la vidéo Palettes (time code: 7″48), émission d’Alain Jaubert, et sur le contenu flash, interactif, mis en ligne par la Réunion des musées nationaux pour expliquer la sérigraphie au jeune public. Tout d’abord, il faut choisir une photographie ou une image que l’on va utiliser pour la sérigraphie et que l’on va agrandir par prises de vues successives, ce qui va permettre de renforcer ou non les contrastes. Cette photographie, envoyée en laboratoire, va servir à réaliser le typon, qui est, comme on peut le lire sur le site de la Réunion des musées nationaux, « un film transparent photosensible sur lequel est reproduit une image en positif ou en négatif pour être imprimée en une couleur. ». Le typon va ensuite pouvoir être retouché et recadré. On va alors préparer l’écran sérigraphique par le biais de trois étapes : l’encollage, l’insolation et le dépouillement. Ainsi, avec l’encollage, on enduit l’écran de soie (ou d’une autre matière) d’une solution photosensible qui va durcir à la lumière, sous l’effet des rayons ultraviolets. Après cela, on pose le typon et une plaque de verre sur l’écran enduit et on l’insole : on l’expose à une lumière très puissante. Puis l’on va retirer une partie de la colle, avec l’étape du dépouillement, pendant laquelle on rince la toile à l’eau froide. Les parties non touchées par la lumière vont ainsi apparaître et permettre de laisser passer l’encre. On obtient alors une image en négatif et on pose l’écran après séchage sur le support. L’artiste qui a pu peindre au préalable le fond de la toile ou les couleurs d’un portrait, appliquera l’encre à l’aide d’une raclette qui traversera le tissu et créera une image positive. L’écran sérigraphique peut-être réutilisé un très grand nombre de fois, permettant ainsi la reproductibilité des œuvres d’art.

Warhol, avec ce procédé, reprend donc l’idée des techniques de la fabrication industrielle. Cela va permettre une production beaucoup plus rapide des œuvres d’art. Comme l’indique G. Malanza, son assistante : « on ne passait pas plus de 4 minutes par toile, l’idée étant de travailler mécaniquement. ». L’art se rapproche ainsi d’une sorte de travail à la chaîne d’usine, ce que confirme Warhol quand il affirmait vouloir « être une machine ». L’idée en utilisant ce procédé était d’aboutir à un anonymat et une dépersonnalisation presque totale. En reproduisant des motifs de manière mécanique, Warhol enlève aux œuvres le caractère type qu’il leur aurait laissé en tant qu’artiste. Il souhaite supprimer tout sentiment et toute expression que l’on pourrait trouver dans une œuvre peinte à la main. Il disait d’ailleurs : « Ce serait formidable que d’autres gens se mettent à la sérigraphie, pour que l’on ne sache pas si c’est moi qui ait peint le tableau, ou bien quelqu’un d’autre. ».

La technique de la sérigraphie, pour Andy Warhol, n’est donc pas un simple outil mais devient un instrument qui fait polémique, puisque le statut de l’artiste est remis en cause et tout aspect personnel est supprimé dans les œuvres d’art.

 Auriane

Références bibliographiques complémentaires :

Service éducatif de l’Abbaye de Stavelot : dossier pédagogique sur Andy Warhol

Grand Palais : définition de la sérigraphie

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